5 choses étonnantes sur les bébés et l’empathie

 

Aujourd’hui, nous allons parler de l’empathie, et aussi de bébés, de naissance et des nouvelles Mamans. Et oui, l’empathie est reliée à la naissance. Allons voir de quelle façon !

 

1- L’empathie, c’est quoi ?

 

Il était temps en effet de parler un peu plus en détail de l’empathie, car c’est un mot qui revient régulièrement sur ce blog. C’est un néologisme inventé à la fin du 19ème siècle à partir du mot grec pathos : la souffrance, la douleur. L’empathie, c’est la capacité à ressentir la souffrance et la douleur de son prochain.

C’est un langage primal universel qui permet de comprendre, au-delà du langage, la souffrance de l’autre, et de l’aider. Il n’y a pas besoin d’explication quand on voit un animal ou un enfant souffrir. La parole est inutile. Mais si l’empathie est probablement née de la vision d’un de ses semblables en détresse, elle dépasse le cadre de la simple souffrance. Car être empathique, c’est être capable de voir en l’autre, de ressentir et de partager sa joie, sa peur, sa tristesse ou sa sérénité.

C’est la capacité de vivre soi-même ce que vivent les autres.

 

2- Les neurones miroirs

 

Ainsi, c’est le fait de se sentir léger, inexplicablement, quand nous avons vu une image subliminale de quelqu’un qui sourit. Et de se sentir triste, sans pouvoir l’expliquer, dans le cas contraire. Notre cerveau a vu même si nous n’en avons pas conscience. Nos muscles se préparent à effectuer un sourire sans même que nous le sachions.

 

Dans le cerveau de la personne qui fait preuve d’empathie s’activent les mêmes réseaux de neurones que ceux de la personne pour qui elle éprouve de l’empathie. Ainsi, si je suis avec une personne qui souffre, vont s’activer dans mon cerveau les neurones liés à la souffrance. Je vais partager cette souffrance, même si je ne la ressens pas. Mon cerveau sera un miroir de l’autre. C’est pour cela que les neurones mis en jeu dans les mécanismes de l’empathie sont appelés les neurones-miroirs.

 

Lorsque je lis le soir une histoire à mes enfants, j’active la zone du cerveau liée au langage et à l’expression de la parole. Ce que les recherches ont montré, c’est que mes enfants eux aussi activent cette même zone du langage et de la parole. Ils ne font que m’écouter et pourtant leur cerveau réagit comme s’ils étaient eux-mêmes lecteur, accomplissant pour eux-mêmes une lecture intérieure. Totalement inconsciemment, ils m’accompagnent dans la lecture et partagent, à leur façon, mon expérience de lecteur.

 

3- Les bébés, déjà empathiques ?

 

L’expression de l’empathie est présente très tôt, dès la naissance. L’imitation de l’expression lue sur le visage des autres commence dans les minutes qui suivent la naissance chez les nouveau-nés. Ils imitent les expressions du visage des adultes qui sont penchés sur eux alors qu’ils n’ont jamais vu leur visage dans un miroir. Ils ne savent ce qu’ils sont en train de faire : ils adoptent la même expression, comme si ces réseaux miroir étaient profondément ancrés chez l’être humain.

 

 

 

Chez des bébés de moins d’un an, lorsqu’un adulte assis à côté d’eux tourne la tête, ils tournent la tête du même côté. Il y a là l’expression d’un mimétisme mais aussi l’expression d’une volonté de savoir ce que l’adulte est en train de regarder. Après tout, c’est peut-être intéressant !

 

 

 

 

Lorsqu’un adulte tourne la tête en fermant les yeux, l’enfant ne tourne pas la tête. Il sait que quand on a les yeux fermés, on ne voit rien. Ce n’est donc pas une imitation gratuite qui anime le bébé, il tourne la tête parce qu’il a envie de partager, de décoder, de savoir ce que l’autre a l’intention de faire, ce que l’autre cherche.

 

On a ensuite placé un bandeau sur les yeux de l’adulte : l’adulte tourne la tête et l’enfant tourne la tête avec lui. Puis on met un bandeau sur les yeux du petit enfant, et il réalise qu’avec un bandeau sur les yeux on ne peut pas voir. Alors, si l’adulte recommence à tourner la tête en ayant un bandeau sur les yeux, l’enfant a compris et lui ne tourne plus la tête.

 

Le tout jeune enfant a puisé dans son expérience personnelle pour essayer de se projeter dans ce que signifie l’expérience pour l’autre. C’est déjà de l’empathie.

 

4- La métamorphose du cerveau chez les nouvelles Mamans

 

Une étude parue dans Neuroscience en 2016 conclut que les femmes qui viennent de donner naissance ont vu leur cerveau se modifier, notamment la zone du cerveau impliquée dans l’empathie. L’étude a été faite en comparant des IRM prises avant et après l’accouchement. Pour savoir si les modifications de la structure du cerveau des femmes qui avaient donné trois semaines plus tôt naissance à un enfant étaient liées à la naissance et à l’accouchement, aux premiers liens avec leur enfant ou au stress et à la privation de sommeil, les chercheurs ont également scannés le cerveau des pères.

 

Les résultats sont imparables : nous les Papas avons beau aimer nos enfants, la structure de nos cerveaux ne change pas. Il semble donc bien que ce soit la grossesse et l’accouchement, les bouleversements physiologiques et hormonaux qui soient responsables de ce changement de structure du cerveau chez les Mamans.

 

Les chercheurs ont demandé à ces mamans, pendant les IRM post-natals, de regarder des photos de leur bébé ou d’autres bébés. Quand elles regardaient les photos de leur bébé, les zones qui s’activaient le plus dans leur cerveau étaient les régions modifiées, ces zones impliquées dans l’empathie et le lien affectif qui rattache la mère à son nouveau-né. Ces modifications du cerveau ont persisté jusqu’à deux ans après l’accouchement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi, devenir mère est une véritable métamorphose. C’est, d’une certaine façon, devenir autre.

 

5- Une piste de réflexion pour développer son empathie

 

Et pour nous les Papas alors ? Comment augmenter son empathie ?

 

Il y a peut-être un moyen qui consiste une fois de plus à creuser dans son passé. En effet, l’empathie n’est pas qu’un partage des émotions, elle pousse à aider l’autre. Mais pour certains, il n’est pas toujours facile de donner et d’aider. Pour ceux-là, interrogeons-nous sur l’aide que nous avons reçue dans notre vie, revenons en arrière car pour donner il faut avoir reçu, et il faut avoir été consolé pour pouvoir consoler à son tour. En prendre conscience est un premier pas pour libérer l’empathie qui est en nous.

 

 

 

 

Crédits :

Cet article est une retranscription partielle de l’émission de France-Inter Sur les épaules de Darwin, intitulée “Naissance”, diffusée le 16 octobre 2010, et animée par Jean-Claude Ameisen. L’article se base également fortement sur la conférence que Jean-Claude Ameisen a donné le 15 janvier 2019 à l’université Paris-Diderot dans le cadre des rencontres transdisciplinaires du Centre d’Études du Vivant, conférence intitulée “L’empathie – Le lien qui nous relie aux autres”.

 

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